Jordi Savall
Folías de España
Jordi Savall
Folías de España
Toute cette vie
En toi
Pour rien
Et le temps
Et les rires
Qui meurent à chaque pas
Et le silence
Toujours plus froid
Toujours plus lourd
Le silence des jours
Etouffés
Dans l’ombre de la nuit
Et toi
Tu marches
Marches
Un cri monte en toi
Mais tu marches
Marches
Le soleil s’est couché
Loin derrière toi
Et tu marches
Marches
Tu marches dans la nuit
Tu marches vers la nuit
Tu marches
Et tes pas foulent l’ombre
Et tes pas
Fous
Sombrent
Dans le noir de la nuit
Où toi
Tu marches
Marches
25 décembre 1996
Lorsque j'étais au lycée, je me rappelle avoir eu la citation ci-après comme sujet de dissertation de français. J'avais été tellement emportée par l'inspiration que mon professeur avait salué le "supplément d'âme" qui habitait mon devoir! Aujourd'hui, je me rends compte à quel point cette vérité profonde qui émane des mots de Jorge Luis Borges s'applique également à la musique* (et à quel point!). La profondeur simple et juste de ces mots me fait d'ailleurs penser à Pablo Casals!
Je me souviens par ailleurs qu'à l'université de Lettres, j'appliquais sans le savoir les préceptes du maître : je lisais très peu d'ouvrages critiques - le moins possible ; je ne supportais pas l'idée qu'on place au second plan ce que je ressentais, moi, en face du texte ; que je doive ingurgiter puis resservir la pensée des autres, comme une sorte d'esclave de la pensée...
"J'ai été pendant vingt ans professeur de littérature anglaise à la faculté de philosophie et de lettres de l'université de Buenos Aires. J'ai toujours dit à mes étudiants d'avoir une bibliographie restreinte, de ne pas lire de critiques, de lire directement les auteurs ; peut-être ne comprendront-ils que peu de chose mais ils auront du moins le plaisir d'entendre la voix de quelqu'un. Je dirais que le plus important chez un auteur c'est le son de sa voix, le plus important dans un livre c'est la voix de l'auteur, cette voix qui parvient jusqu'à nous."
Jorge Luis Borges
Extrait de Livre in Conférences
* Voir à ce sujet mon article Interpréter, du 3 septembre 2010.
"Je ne pense pas qu'un artiste doive être complètement mûr et oublier sa part d'enfance. Je pense au contraire qu'il doit préserver son côté enfantin, c'est très important. Parce qu'un artiste doit être plusieurs personnes à la fois ; et pas seulement quelqu'un de mûr, et de sérieux."
Alfred Brendel, pianiste
Le documentaire dont je vous parlais l'autre jour est visible en ligne, mais pour encore 7h seulement! (ARTE+7)
C'est magnifique... à voir absolument!
Deux années avec Alfred Brendel et Kit Armstrong
(2010, 56mn)
Belle et neuve comme la rosée
Lueur née de l'aurore
Tu as l'éclat des jeunes fleurs
La santé sûre et fragile
Des enfants qui jouent sous le ciel d'été
Et ton rire léger berce l'éternité
juin 1998