"Les oeuvres d'art sont d'une infinie solitude ; rien n'est pire que la critique pour les aborder. Seul l'amour peut les saisir, les garder, être juste envers elles."
Aujourd'hui, le 22 novembre, c'est la Sainte-Cécile, patronne des musiciens.
Donc bonne fête à tous les musiciens, et à tous les amateurs de musique passionnés!
Un dernier petit billet au sujet de cette édition 2009 du Concours Rostropovitch!
Pour parler d'un jeune talent, le Prix du jeune soliste : Edgar Moreau, 15 ans.
Une bonne partie de ce reportage de France 2 sur le concours lui est consacrée et permet de l'entendre : ici (attendre un peu avant le lancement de la vidéo).
C'est la première fois que j'entendais ce violoncelliste - et que j'en entendais parler, d'ailleurs.
Pour moi, il y a vraiment de la matière (sonore), et une belle affirmation de sa personnalité. Je n'ai entendu que son deuxième tour et j'ai trouvé sa prestation inégale : certains passages très
bien, d'autres assez scolaires (quelque chose de pas vraiment "fini" dans son interprétation). Il y a quelque chose qui va chercher au fond du violoncelle, et déjà un très beau son, profond et
chaud (malgré son jeune âge). Un rapport à son instrument qui paraît riche, plein de potentiels.
Grand Prix de la Ville de Paris : Dai Miyata (Japon)
2e Prix : Jakob Koranyi (Suède)
3e Prix : Norbert Anger (Allemagne)
4e Prix : Sietse-Jan Weijenberg (Pays-Bas)
Prix pour la meilleure interprétation du 1er Concerto pour violoncelle de Chostakovitch : Jakob Koranyi (Suède)
Prix du jeune soliste : Edgar Moreau (France)
Prix pour la meilleure interprétation d’Invocation d’Éric Tanguy : Gabriel Schwabe
(Allemagne)
Prix Palazzetto Bru Zane : Yan Levionnois (France)
Prix spécial, attribué à la personnalité la plus remarquable : prix partagé entre Seung Min Kang (Corée) et Yan Levionnois (France)
Pour en savoir plus sur la plupart des lauréats : ici.
Bon, en réalité et suite à l'annonce du palmarès complet (prix spéciaux y compris), je suis déçue par ce concours et je ne comprends pas les choix du jury. Finale pas très enthousiasmante et
palmarès assez obscur...
Mais le palmarès prend sans doute davantage de sens si on prend en considération les Prix spéciaux. Etant donné que cette édition n'offrait que 4 places en finale (pour des raisons
financières?), il est important de tenir compte aussi des Prix spéciaux. Ce qui donne un peu plus de sens à ce palmarès, qui reste contestable cependant. On imagine des discussions sans fin avant
d'arriver à un compromis.
Président du jury (Krzysztof Penderecki) absent, chef d'orchestre (Jean Deroyer) souffrant, baisse de la subvention juste avant le concours : beaucoup de
difficultés qui n'étaient pas apparentes dans le déroulement des épreuves, mais qui se font ressentir dans le résultat je trouve.
J'ajoute : un coup de coeur tout particulier pour Yan Levionnois, dont la sensibilité et la musicalité m'ont beaucoup touchée!
La musique classique comme alternative à la pauvreté et la criminalité.
C'est ce que propose El Sistema aux enfants défavorisés du Vénézuela. Ce programme d'éducation a été lancé il y a presque 40 ans Les jeunes font leurs premières gammes dans
l'orchestre Simon Bolivar et aujourd'hui, certains anciens élèves font une carrière internationale.
Je dois dire que je suis triste que Yan Levionnois ne soit pas en finale. C'est toujours dur quand on reçoit le résultat sans justifications. Il va peut-être recevoir un prix spécial? (jeune
soliste? meilleure interprétation de l'oeuvre d'Eric Tanguy?).
La première partie de la Finale à Gaveau s'annonce intéressante pour la variété des programmes choisis par les candidats, mais je ne pourrai malheureusement pas y assister! J'entendrai la deuxième
partie de la Finale : concertos à Pleyel samedi, avec l'Orchestre de Paris.
"Je crois qu'on arrive à convaincre les gens quand on sait exactement ce qu'on veut obtenir de l'orchestre. C'est comme quand on taille un diamant. Si on choisit le mauvais angle, on le
brise. Il faut avoir du doigté. Et ça, ça vient avec l'expérience."